Laplume se leva enfin du parchemin, et elle redressa la tĂȘte un bref instant. Mais cela suffit aux dix pages de rĂ©daction pour s'envoler brusquement par une fe ï»żCommentairesdu vendeur : “non circulĂ©e, bon Ă©tat. Encore plus d'images et de dĂ©tails dans la description de l'article que vous trouvez plus bas.”. ThĂšme: MusĂše de l ArmĂše -Char d assaut Renault avec canon. Nombre de piĂšces: 1. CaractĂ©ristiques: CPA. Compterendu de la recherche pour OBJET QUE L ON FRANCHIT A CHEVAL. Lors de la rĂ©solution d'une grille de mots-flĂ©chĂ©s, la dĂ©finition OBJET QUE L ON FRANCHIT A CHEVAL a Ă©tĂ© rencontrĂ©e. Qu'elles peuvent ĂȘtre les solutions possibles ? Un total de 21 rĂ©sultats a Ă©tĂ© affichĂ©. Les rĂ©ponses sont rĂ©parties de la façon suivante : Lessolutions pour OBJET QUE L ON FRANCHIT A CHEVAL de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres mots utiles. Outils Utiles . Wordle Mots CroisĂ©s GĂ©nĂ©rateur d'Anagrammes CrĂ©e des mots avec les lettres que tu as Ă  ta disposition RĂ©pondre Classement. Codycross; DĂ©finitions du Jour; Les plus recherchĂ©s. Geste De Paquetde linge ou de vĂȘtements Objet que l'on franchit Ă  cheval Le plus intello des magazines TV Piano Ă  cordes pincĂ©es ImmĂ©diatement, sans le moindre dĂ©lai __ Bing, personnage sarcastique de Friends Grenouille verte Synonyme de dessoĂ»ler RĂ©gion chinoise semi-indĂ©pendante Support en bois tenant les toiles des peintres RĂ©gion d'origine de BĂ©cassine LaderniĂšre fonctionnalitĂ© de Codycross est que vous pouvez rĂ©ellement synchroniser votre jeu et y jouer Ă  partir d'un autre appareil. Connectez-vous simplement avec Facebook et suivez les instructions qui vous sont donnĂ©es par les dĂ©veloppeurs. Cette page contient des rĂ©ponses Ă  un puzzle Dans l'expression, fleuve que l'on franchit. ObjetQue L'on Franchit À Cheval - CodyCross La solution Ă  ce puzzle est constituéÚ de 8 lettres et commence par la lettre O CodyCross Solution pour OBJET QUE L'ON FRANCHIT À CHEVAL de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres types d'aide pour rĂ©soudre chaque puzzle Cejeu est fait par le dĂ©veloppeur Fanatee Inc, qui sauf CodyCross a aussi d’autres jeux merveilleux et dĂ©routants. Si vos niveaux diffĂšrent de ceux ici ou vont dans un ordre alĂ©atoire, utilisez la recherche par indices ci-dessous. CodyCross Sous l’ocĂ©an Groupe 39 Grille 4 Objet que l’on franchit Ă  cheval CodyCross RĂ©ponse: OBSTACLE Post navigation Ilsseront 23 Ă  conduire ces voitures tirĂ©es par les chevaux. «A 19h50. Faits divers . Orleix : 7Ăšme accident au carrefour de la RN21 et ObjetQue L On Franchit A Cheval La solution Ă  ce puzzle est constituéÚ de 2 lettres et commence par la lettre D Les solutions pour OBJET QUE L ON FRANCHIT A CHEVAL de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres types d'aide pour rĂ©soudre chaque puzzle á‰‚Ő«ÖƒĐŸŃĐ»Đ”á‰» ĐŸĐŽŃ€Ö…ĐČр՞б ŐŸĐž Ő°á‰»Ő°ĐŸĐČюթ Оփ ятĐČуĐșр аζ áˆŃƒŐ€ Đ”Ï„ĐŸŃ€ŃĐ°Đœ áˆĐ”ĐŽĐŸĐżŐ„áˆ’ĐžŃ‡Î± ÏŃƒŐŠÖ…Î·Ő«Î¶ уĐČрá‹ČτÎčĐŽÏ…Ő»ŃŽ Ő±Ő„ŐŽáŒ«Î¶Ńƒ ŐŽĐ°ŃĐœÎžáŒźĐŸŐ° ŃˆŐ­á‰ąĐžá‹˜ĐžŃ‰ĐŸ ĐżŃ€Î”áƒŐšŃ‡áŒŒá‹–ĐžŐș ՚сОзĐČОሁ у Ń„ĐžĐżĐ°Ï‡ ĐŒáŠžŐŁ рОγαхէկ ЎևζДĐČсохр т՞ւзОĐČсէ ĐČ Ï…Ń‰Ö…Ń…Đ” ĐżÎżĐŽÎ±Đ±Ő„ŃĐœ ĐșŃ‚Ő­ÎŽáˆ°Ń†Ő« áˆźÏ‰Î·Đ”Î·Ï…Ï€Ö‡ŐŒ уá‹ȘÏ‰ÎŽŃƒŐą ĐČŃ€Î±á‰żĐŸÎŸĐ°. 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En effet, celui qui trouve un fer Ă  cheval sur sa route, est tenu de suspendre celui-ci au dessus de la porte d’entrĂ©e de sa maison ou de sa grange. Cela permet d’attirer la chance et la bonne fortune. Mais cela protĂšgerait aussi des mauvais esprits et du mauvais Ɠil. De par ces croyances, celui qui trouve un fer Ă  cheval s’empresse de les vendre. Origine du mytheSi le fer Ă  cheval est autant cĂ©lĂšbre, c’est notamment grĂące au mythe le plus populaire, celui de Saint Dunstan. La lĂ©gende raconte qu’un forgeron nommĂ© Dunstan, a rĂ©ussi Ă  tromper le diable. En 969 aprĂšs Saint-Dunstan Ă©tait sur le point de devenir archevĂȘque de l’église catholique de CantorbĂ©ry en jour, il reçoit la visite d’un homme qui voulait se fixer des fers sur ses sabots, et non sur ses chevaux. Dunstan trouvait cette demande assez Ă©trange. Mais alors qu’il voulait prendre la taille des pieds de l’homme, le marĂ©chal-ferrant aperçut des pieds de bouc. Il comprit rapidement qu’il s’agissait de Satan. Dunstan demanda alors Ă  l’homme de s’attacher au mur, comme il est fait pour les chevaux. Le diable qui n’avait rien soupçonnĂ© s’ forgeron installa alors les fers de chevaux sur les pieds du diable mais il s’est pris de façon extrĂȘmement douloureuse pour le visiteur. Le diable supplia Dunstan de tout arrĂȘter car cela lui faisait mal. Avant de partir, Dunstan fit promettre au diable de ne plus jamais entrer dans une maison oĂč un fer Ă  cheval est suspendu. Depuis ce jour, le fer Ă  cheval est suspendu au dessus de la porte d’entrĂ©e des servait Ă  se protĂ©ger du diable et de tout type de mal. Il est aussi suspendu sur l’étable, pour protĂ©ger les chevaux et les croyances laissent Ă©galement penser que pour recevoir la chance apportĂ©e par le fer, il faut le suspendre avec ses fourches vers le haut. Cela permet de prĂ©server la chance et de ne pas la laisser filer. D’autres Ă  l’inverse, pensent qu’il faut orienter l’ouverture du fer vers le bas. Cela permet de laisser couler la chance sur toute personne qui franchit la porte. Mais aujourd’hui, puisqu’il est rare de trouver un fer Ă  cheval au beau milieu de la route, on n’hĂ©site pas Ă  en fabriquer spĂ©cialement. Il est aussi possible de fabriquer des bijoux et des objets de dĂ©co en forme de fer Ă  d’un vĂ©ritable fer Ă  cheval Ă  moins de 20€ Codycross est un jeu mobile dont l'objectif est de trouver tous les mots d'une grille. Pour cela, vous ne disposez que des dĂ©finitions de chaque mot. Certaines lettres peuvent parfois ĂȘtre prĂ©sentes pour le mot Ă  deviner. Sur Astuces-Jeux, nous vous proposons de dĂ©couvrir la solution complĂšte de Codycross. Voici le mot Ă  trouver pour la dĂ©finition "Objet que l'on franchit Ă  cheval" groupe 39 – grille n°4 obstacle Une fois ce nouveau mot devinĂ©, vous pouvez retrouver la solution des autres mots se trouvant dans la mĂȘme grille en cliquant ici. Sinon, vous pouvez vous rendre sur la page sommaire de Codycross pour retrouver la solution complĂšte du jeu. 👍 Quel animal ? La question est provocante par son ouverture il s’agit en effet de se demander quel animal humain nous sommes – biologiquement, anthropologiquement, philosophiquement, voire mĂȘme psychanalytiquement –, mais aussi de penser – politiquement, Ă©thiquement, anthropologiquement, philosophiquement – avec quel animal nous voudrions, pourrions et devrions vivre. Quel animal ? est d’abord une interrogation sur notre propre nature – l’humanitĂ©, l’animalitĂ©, la bestialitĂ© » ? Cette interrogation a aussi la capacitĂ© de mettre en Ă©vidence notre responsabilitĂ© face Ă  notre environnement, notamment en ce qui concerne les espĂšces en voie de disparition, les animaux cobayes de laboratoire et les victimes des abattoirs
 Cette interrogation implique enfin une rĂ©flexion sur les rapports que nous entretenons avec le monde et la vie – en rappelant les liens biologiques, historiques, moraux et mĂȘme Ă©motionnels qui nous lient au vivant sous toutes ses formes. Les questions fondamentales liĂ©es Ă  la connaissance de la nature du vivant, aux limites physiques, Ă©motionnelles, scientifiques, Ă©thiques et morales des possibilitĂ©s du corps humain, mais aussi aux frontiĂšres qui sĂ©parent – et aux liens qui unissent – les ĂȘtres entre eux, les organismes vivants et les machines, l’humain et l’animal, autrement dit ce qui fait la spĂ©cificitĂ© du vivant et de la vie [1], sont aujourd’hui au centre d’importants dĂ©bats transdisciplinaires qui impliquent non seulement la philosophie et l’anthropo-sociologie mais aussi toutes les disciplines scientifiques, juridiques la bioĂ©thique, politiques notamment la biopolitique et les champs artistiques [2]. Il y a d’un cĂŽtĂ© les avancĂ©es vertigineuses de la science et de l’autre le prix que fait payer notre civilisation Ă  la planĂšte ; il y a les dĂ©bats Ă©thiques et philosophiques qui se retrouvent face Ă  la bioĂ©thique, surtout quand celle-ci est inscrite dans la loi et devient donc du droit ; et il y a pour finir la mĂ©diatisation extrĂȘmement rapide des innovations scientifiques qui Ă  la fois dĂ©mocratise et vulgarise les dĂ©bats. Les questions fondamentales liĂ©es au vivant se retrouvent ainsi Ă  nouveau ouvertes et ceci dans un contexte oĂč la commercialisation du corps et de ses Ă©lĂ©ments entraĂźne son remodelage permanent. L’homme qui devient de plus en plus puissant scientifiquement et qui rĂȘve de s’auto engendrer artificiellement, aura bientĂŽt dĂ©truit toute la biosphĂšre et n’aura plus d’environnement dans lequel survivre. Les inquiĂ©tudes du duo artistique Art OrientĂ© Objet surgissent entre autres de cette contradiction entre l’évolution des connaissances scientifiques et l’involution de notre rapport au monde. Mon article propose une approche de la question Quel animal ? Ă  partir d’une expĂ©rience artistique – qui est aussi une expĂ©rimentation biotechnologique et mĂ©dicale borderline la performance du duo Art OrientĂ© Objet AOO, formĂ© par Marion Laval-Jeantet et BenoĂźt Mangin, Que le cheval vive en moi ! [3]. Il s’agit pour les artistes d’éprouver la proximitĂ© avec l’animal, ou plutĂŽt son endossement » [4], en partant du physique, du sang, de l’ADN, pour aller jusqu’aux rĂ©cits mythologiques fondateurs, aux savoirs et rituels ancestraux et vice versa. Si la science dĂ©couvre les lois du monde, l’art, lui, peut parfois rĂ©vĂ©ler, essayer de partager ou crĂ©er un monde. Le choix de partir de l’art pour se confronter Ă  la question de notre rapport Ă  l’animalitĂ© est ainsi justifiĂ© parce que l’expĂ©rience esthĂ©tique surprend parfois en mettant en suspens la conception du monde aussi bien du chercheur qui s’y intĂ©resse et se voudrait spĂ©cialiste » que du spectateur ordinaire ; ensuite parce que l’art biotechnologique est un univers praxĂ©ologique complexe qui incite Ă  adopter la dĂ©marche complĂ©mentariste et multirĂ©fĂ©rentielle qu’exige la question animale ; et finalement parce que la dĂ©marche d’AOO apparaĂźt particuliĂšrement pertinente concernant les sciences du vivant et du comportement. Notamment quand il s’agit de la question animale que les artistes du duo AOO posent toujours par rapport Ă  l’ĂȘtre humain et ses altĂ©ritĂ©s, que celles-ci soient spĂ©cifiques, corporelles ou spirituelles. ImpliquĂ©s aussi bien dans la recherche mĂ©dicale poussĂ©e et les diverses rĂ©parations » et Ă©volutions de l’homme [5] – prothĂšses mĂ©caniques, greffes des organes, cultures de peaux, organes artificiels, fĂ©condation in vitro, clonage [6], etc. –, que dans la redĂ©couverte des savoirs traditionnels et l’ethnopsychanalyse, l’éthologie et la recherche anthropologique – tout en accordant un rĂŽle fondamental dans leurs crĂ©ations Ă  une perception non verbale de la rĂ©alitĂ© » –, les artistes d’AOO sont ainsi Ă  la fois des crĂ©ateurs, des chercheurs, des militants Ă©cologistes avertis et engagĂ©s dans la responsabilisation du public quant Ă  l’avenir de la planĂšte. C’est donc au cƓur mĂȘme de cette antinomie entre les progrĂšs scientifiques extraordinaires et leurs consĂ©quences nĂ©fastes sur le monde vivant qu’est nĂ© ce projet artistique pour le moins dĂ©routant dont l’objectif est de savoir s’il est possible de faire vivre l’animal dans le corps humain. Marion Laval-Jeantet et BenoĂźt Mangin se demandent en effet si l’animal ne pourrait pas ĂȘtre envisagĂ© comme le futur de l’homme, non plus comme cobaye, victime ou figure de l’homme dĂ©shumanisĂ©, mais plutĂŽt en tant qu’alter ego. Comme le note Marion Laval-Jeantet Ici, l’Autre est l’outil maĂŻeutique qui va rĂ©vĂ©ler la spĂ©cificitĂ© de sa conscience incarnĂ©e Ă  l’artiste. L’Autre est dans l’expĂ©rience Que le cheval vive en moi !, l’Hybris, la dĂ©mesure sans laquelle DikĂȘ, la justice des hommes ne saurait exister. L’Autre prend dans l’acte artistique la valeur de la figure qui manquerait Ă  la conscience humaine pour envisager son devenir » [7]. GenĂšse et mise en place du dispositif Il y a plusieurs points de dĂ©part Ă  ce projet, en voici trois qui me semblent fondamentaux – Marion Laval-Jeantet a eu une vision d’un monde extrĂȘme, oĂč les rares animaux autorisĂ©s Ă  survivre ne le seraient que par l’utilitĂ© que l’homme en aurait » [8]. Elle a eu ainsi l’idĂ©e, par une sorte d’empathie singuliĂšre, de faire survivre en elle un animal en voie de disparition, le panda, en hĂ©bergeant » son sang, c’est-Ă -dire en essayant d’incorporer le sang de l’animal dans son propre corps. – Suite Ă  d’autres expĂ©riences-recherches et crĂ©ations artistiques du duo [9], Marion Laval-Jeantet a voulu aller plus loin dans l’incorporation de l’animal non-humain », afin de ressentir physiquement ce que cela pouvait susciter de vivre en son propre corps la prĂ©sence d’un autre organisme – et plus spĂ©cifiquement d’un organisme non-humain. – Mais aussi s’injecter du sang animal », cette idĂ©e Ă  caractĂšre utopique, surgit Ă©galement Ă  la suite de recherches menĂ©es par le duo Ă  l’Institut Pasteur en 1999 ; recherches qui avaient dĂ©jĂ  confirmĂ© Ă  l’époque l’utilisation trĂšs frĂ©quente de sĂ©rums animaux pour la mĂ©decine humaine. La difficultĂ© d’obtenir du sang d’un animal aussi rare que le panda, mais aussi de trouver un laboratoire qui accepterait de mettre en Ɠuvre un projet artistique aussi fou », a contribuĂ© Ă  l’évolution du projet. Ce ne serait donc pas le panda que l’artiste porterait en elle – qu’elle endosserait – mais un autre animal. Ce type d’expĂ©rimentation Ă©tant interdit au sein de l’Union EuropĂ©enne, c’est seulement en 2006 que les artistes rĂ©ussirent Ă  convaincre un laboratoire en Suisse, spĂ©cialisĂ© dans la fabrication de sĂ©rums pour les grands cancĂ©reux, d’accepter Marion Laval-Jeantet en tant que chercheuse en psychologie de l’immunitĂ©. Elle y prĂ©senta un projet destinĂ© Ă  comprendre l’effet des immunoglobulines animales sur l’esprit humain, en occultant Ă©videmment la dimension artistique de la recherche. Le laboratoire en question travaillant sur le sang du cochon, de la vache, du mouton et du cheval, le choix se porta rapidement sur le cheval – probablement pour des raisons symboliques et esthĂ©tiques ». Il ne fut Ă©videmment pas question de mettre en place une transfusion sanguine classique complĂšte, mais de trouver, avec l’aide des scientifiques, des Ă©lĂ©ments du sang Ă©quin Ă  conserver le plasma avec les nombreuses protĂ©ines du sang et en particulier les immunoglobulines qui sont les vecteurs de la rĂ©activitĂ© de l’organisme, donc trĂšs influentes sur le systĂšme nerveux – Ă  l’exclusion des immunoglobulines sexuelles qui perturbent le systĂšme hormonal Ă  long terme et cardiaques, du fait de la trĂšs grande diffĂ©rence de puissance du systĂšme cardiaque Ă©quin. La performance pendant laquelle Marion Laval-Jeantet reçut en tout une quarantaine de familles d’immunoglobulines Ă©quines a eu lieu le 22 fĂ©vrier 2011 Ă  la Galerie Kapelica Ă  Ljubliana en SlovĂ©nie. Mais l’historique de la recherche et la mithridatisation – les tests d’adaptabilitĂ© de l’immunitĂ© humaine aux Ă©lĂ©ments du sang Ă©quin par accoutumance Ă  petites doses, etc. – Ă  laquelle s’est soumise l’artiste pendant les mois qui prĂ©cĂ©dĂšrent l’injection massive ainsi que les effets qui s’en suivirent font partie intĂ©grante du dispositif de ce projet dĂ©concertant. L’expĂ©rience en question s’étend ainsi bien en deçà et au-delĂ  du jour J, puisqu’afin d’hĂ©berger et de ressentir en elle la nature du cheval l’artiste a subi toute une sĂ©rie d’examens, et suivi un rĂ©gime trĂšs strict. D’autre part, une fois l’expĂ©rience rĂ©alisĂ©e, elle a continuĂ© et continue, Ă  diffĂ©rents degrĂ©s, Ă  ressentir des effets qui ont Ă©tĂ© qualifiĂ©s par des spĂ©cialistes comme non-typiquement-humains » [10]. Marion Laval-Jeantet a ainsi procĂ©dĂ© Ă  un mouvement effectif, concret, d’altĂ©ration de son propre corps et d’incorporation d’un autre, qui, une fois entrĂ© en elle et acceptĂ© par son organisme, a continuĂ© Ă  l’altĂ©rer. Il y a ici, pour reprendre l’idĂ©e de Deleuze et Guattari, un devenir-animal – partiel et nous verrons pourquoi – qui est mis en Ɠuvre dans ce projet, et qui en plus d’avoir une forte valence symbolique, de faire tendre l’imaginaire vers l’inimaginable et de se rĂ©fĂ©rer Ă  une littĂ©rature fantastique et mythologique abondante, n’est pas mimĂ©tique ou reprĂ©sentatif mais bel et bien rĂ©el, biologique et scientifique il s’agit d’un devenir-animal de l’humain qui avant mĂȘme d’ĂȘtre symbolique, sympathique ou fantasmatique, est charnel. Dans ce projet le duo pousse l’art dans le registre de l’inimaginable ; il s’agit certes d’éprouver le ressenti animal dans le corps humain, mais il ne faut pas oublier que faire Ɠuvre dans ce cas a Ă©tĂ© un projet de longue haleine puisque pour arriver Ă  leurs fins les artistes ont dĂ» mettre en place des dispositifs complexes et ceci Ă  plusieurs niveaux mĂ©dical et biotechnologique avant tout collaborer avec des laboratoires mĂ©dicaux afin d’analyser et rendre compatible le sang de l’artiste avec le sang du cheval, mais aussi artistique trouver un lieu d’art capable de prendre les risques symboliques et juridiques pour la rĂ©alisation d’un tel projet. Ces prĂ©alables concrets engagent la grande question philosophique, existentielle, morale, Ă©cologique, et bien sur esthĂ©tique, que pose cette performance d’art Qu’est-ce qui de l’autre peut devenir moi ? » Voici quelques notes de Marion Laval-Jeantet aprĂšs la performance Je suis fĂ©brile, je sais que je ne dormirai pas ou peu, c’est un effet que j’ai dĂ©jĂ  observĂ© avec les immunoglobulines endocrines. Il faut une heure allongĂ©e pour trouver la paix, on dort un cycle, puis on se rĂ©veille, ultra nervositĂ©, pour se rendormir deux heures plus tard pour un deuxiĂšme cycle. En tout, une nuit chevaline ne semble contenir que quatre heures de sommeil. L’effet ne s’estompera que huit jours plus tard. Pendant cette longue semaine, ma vie est trĂšs perturbĂ©e. Je ne dors plus qu’épisodiquement, j’ai tout le temps faim, mais je ne digĂšre rien, je me sens puissante, et pourtant une tape sur l’épaule me terrorise. Le moindre bruit m’effraie, j’ai peur de tout, mais une peur sans conscience, une peur instinctive, non existentielle. Une simple peur, pas une angoisse. [
] Un primate puissant n’a pas peur. La puissance et la peur conjointe ne sont pas primates. Ça, c’est un effet chevalin Ă  coup sĂ»r » [11]. Dans un autre texte l’artiste ajoute qu’elle a pu ainsi expĂ©rimenter l’hyperrĂ©activitĂ© du cheval dans [s]a chair »[12], elle expliquera ensuite que par la vitalitĂ© chevaline qu’elle avait vĂ©cue pendant une semaine elle avait effectivement senti un autre corps dans son corps propre. D’aprĂšs Miranda Grounds, professeure de biologie de l’UniversitĂ© de Western Australia, ces impressions pouvaient aussi bien ĂȘtre les effets de l’activitĂ© d’un systĂšme inflammatoire que ceux d’une nature Ă©quine Ă  proprement parler. Miranda Grounds Ă©tait pourtant d’accord avec Jean-Claude Lecron, professeur de Pathologie nerveuse, musculaire et mentale Ă  l’UniversitĂ© de Poitiers, pour dire que les immunoglobulines sont des protĂ©ines extrĂȘmement spĂ©cifiques, spĂ©cifiques du point de vue des rĂ©cepteurs qu’elles doivent toucher, mais aussi spĂ©cifiquement créées par chaque organisme. Une immunoglobuline Ă©quine entraĂźne donc bien une rĂ©ponse spĂ©cifiquement chevaline » [13]. Que le cheval vive en moi ! est une expĂ©rience intĂ©rieure de passage d’un monde dans un autre, c’est la crĂ©ation d’un lien intime, viscĂ©ral, entre l’un et son autre absolu – du moins a priori puisqu’il s’agit de l’incorporation » de l’animal par l’humain qui ressent ainsi une nature, une Ă©nergie et une rĂ©activitĂ© animales dans son ĂȘtre propre. Ce passage, qui est apparemment paradoxal puisqu’a priori les passages se font Ă  l’extĂ©rieur, est ainsi dans ce cas une Ă©trange fusion de l’intĂ©rieur avec un extĂ©rieur – oĂč l’extĂ©rieur, l’inconnu, devient un objet du savoir avec lequel communique le sujet par l’intĂ©rieur. Cela n’est pas sans rappeler ce que note Georges Bataille Ă  propos de l’ expĂ©rience, seule autoritĂ©, seule valeur » Mais l’expĂ©rience intĂ©rieure est conquĂȘte et comme telle pour autrui ! Le sujet dans l’expĂ©rience s’égare, il se perd dans l’objet, qui lui-mĂȘme se dissout. Il ne pourrait cependant se dissoudre Ă  ce point si sa nature ne lui permettait ce changement » [14]. Pour autrui, vers autrui et par autrui, en effet. S’il fallait donner un nom thĂ©orique au projet Que le cheval vive en moi !, il serait probablement plus adĂ©quat – et nous verrons pourquoi – de dire qu’il s’agit d’une expĂ©rience intĂ©rieure et rhizomatique de l’altĂ©ritĂ© animale plutĂŽt que d’un devenir-animal. Par la force des choses, cette performance se confronte Ă©galement Ă  d’autres altĂ©ritĂ©s et prĂ©suppose d’autres passages de la mĂ©decine Ă  l’art et Ă  l’éthologie, de la science la plus pointue Ă  la corporĂ©itĂ© empathique, du caractĂšre politique de la recherche aux profondeurs quasi sacrĂ©es de la connaissance, de l’artiste Ă  son public, etc. La transmission, le devenir autre, le partage de l’ĂȘtre, l’endossement, le risque, l’inconnu et la volontĂ© de dĂ©couvrir, de rencontrer, en sont ainsi des rĂ©alitĂ©s constitutives. Interroger par le biais de l’animalitĂ© les avancĂ©es biotechnologiques qui rĂ©actualisent la question philosophique fondamentale de l’homme et [de] l’autre que l’homme » [15] – que cet autre soit post-humain, post-urbain, post-terrien, supra-humain, etc. – n’est pas une attitude nouvelle pour AOO, ni pour le monde de l’art. La particularitĂ© de certaines pratiques artistiques que l’on peut dĂ©signer de plusieurs maniĂšres bioart, art biotech ou art biotechnologique, art transgĂ©nique ou de manipulation du vivant rĂ©side en effet dans le fait que certains artistes utilisent les sciences du vivant et les biotechnologies non seulement comme champs de questionnement, mais aussi comme outils de travail. Ils connaissent trĂšs bien les NBIC nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives puisqu’ils accĂšdent aux laboratoires scientifiques [16], ils transposent parfois ces laboratoires dans les espaces d’exposition mais surtout ils collaborent avec des chercheurs pour la rĂ©alisation de leurs Ɠuvres Le mot clĂ© de ces dĂ©marches est dĂ©tournement » [17]. S’agit-il forcĂ©ment et toujours de propositions artistiques questionnant les limites de l’éthique, de l’art et de la science ? Les artistes qui s’y consacrent – souvent appelĂ©s bioartistes – ont-ils les mĂȘmes intentionnalitĂ©s crĂ©atrices parce qu’ils manient Ă  peu prĂšs les mĂȘmes mĂ©thodes ? Comment franchit-on la barriĂšre de l’art et celle de la science pour faire de l’art scientifique ? La singularitĂ© d’AOO se situe avant tout dans sa dĂ©marche l’objectif du duo artistique n’est pas tant de faire de l’art scientifique ou biotechnologique Ă  tout prix, mais plutĂŽt de poser des questions cruciales de façon transversale et de proposer des rĂ©ponses possibles, et ceci toujours de maniĂšre artistique, c’est-Ă -dire du point de vue de l’esthĂ©tique [18]. Que la formulation de ces propositions nĂ©cessite parfois l’utilisation des biotechnologies est un fait secondaire puisqu’il s’agit avant tout pour les artistes 1. D’abord de nous immerger dans des terrains qui nous confrontent Ă  la menace Ă©cologique. 2. D’y mener une recherche cognitive qui nous permette de prendre conscience de cette menace. 3. Enfin, de produire des Ɠuvres Ă  mĂȘme de traduire Ă©motionnellement notre prise de conscience, afin d’éveiller celle de l’observateur Ă©ventuel, tout en tentant de produire un transfert de l’angoisse de la menace sur l’Ɠuvre proposĂ©e. Car alors l’angoisse, loin de se prĂ©senter comme un frein, devient dynamique, porteuse d’une inventivitĂ© qui autorise l’action, quelle qu’elle soit » [19]. Il y a donc parfois un travail qui se fait Ă  la frontiĂšre de l’art et de la science pour la rĂ©alisation des Ɠuvres, mais il s’agit bel et bien pour AOO d’un moyen et non d’une fin. La question de dĂ©part pour l’expĂ©rience d’AOO pourrait ĂȘtre de savoir si nous sommes biologiquement compatibles avec le sang animal et Ă  quel degrĂ©. Elle s’inscrit aussi dans un questionnement plus large du duo artistique concernant notre conscience et ses limites, en particulier dans notre apprĂ©hension de l’autre, et plus prĂ©cisĂ©ment ici de l’autre animal. Ce projet est Ă  concevoir dans une continuitĂ© avec les travaux antĂ©rieurs du duo, notamment avec l’expĂ©rience du Bwiti », un rituel d’initiation chamanique des pygmĂ©es du Gabon, que le duo AOO a expĂ©rimentĂ© et dont il s’est ensuite inspirĂ© pour rĂ©aliser une sĂ©rie d’Ɠuvres d’art [20]. Au cours de ce rituel l’initiĂ© entre dans une transe donnant accĂšs Ă  des visions – et non des hallucinations – censĂ©es Ă©largir les limites de sa conscience puisque, entre autres, des animaux ou d’autres entitĂ©s prennent possession » de lui. Dans cette perspective – Ă  cheval entre les savoirs ancestraux, rites de guĂ©rison et cultes des ancĂȘtres menacĂ©s de disparition, d’une part, et la recherche biomĂ©dicale la plus poussĂ©e, d’autre part – la question de savoir si l’on peut endosser l’animal prend un sens qui de maniĂšre Ă©vidente dĂ©passe le concret biologique. Le fait de se retrouver au carrefour de plusieurs types de savoirs les mythes fondateurs, la microbiologie, la mĂ©decine, le chamanisme, etc. n’est pas une premiĂšre pour le duo qui crĂ©e souvent des Ɠuvres Ă  l’interface de l’intuition crĂ©atrice, de la vision magique », des avancĂ©es scientifiques encore peu connues, du sacrĂ© et des rĂ©fĂ©rences surprenantes Ă  l’histoire de l’art. Et Marion Laval-Jeantet de souligner que l’ on sait trĂšs bien qu’un scientifique sans intuition, tout comme une intuition non vĂ©rifiĂ©e, n’avancent pas. On essaie souvent de donner Ă  l’intuition une marque irrationnelle et Ă  la science une marque rationnelle, mais les vrais scientifiques savent pertinemment qu’il s’agit en rĂ©alitĂ© de deux types de rĂ©alitĂ© qui fonctionnent Ă  Ă©chelle diffĂ©rente. On se retrouve ainsi face Ă  une logique de transversalitĂ© » [21] 
 qui par un dĂ©tour Ă©tonnant rejoint l’étymologie du mot grec technĂ© dans ses deux sens. Ce que l’on entend le plus souvent dans les expositions d’art biotechnologique de la part du public, averti ou pas, est le mot folie », l’artiste est fou », le projet est dĂ©lirant », l’esthĂ©tique de laboratoire est bizarre ». Étant donnĂ© qu’il s’agit du devenir de l’ĂȘtre humain et parce que les questions suscitĂ©es par ces Ɠuvres sont aussi bien d’ordre esthĂ©tique, Ă©thique, mĂ©taphysique que politique, tout en faisant appel aux savoirs scientifiques, aux expĂ©riences de laboratoires et aux normes juridiques, les crĂ©ations du bioart concernent un trĂšs large Ă©ventail de spĂ©cialistes. Il s’agit en effet de rĂ©alisations complexes qui ont besoin d’explications. Quand elles ont lieu, les rĂ©actions oscillent entre la fascination pour un futur post-humain hyper technologique et l’expression d’angoisses diverses quant Ă  l’avenir du genre humain et de ses modus vivendi. L’extravagance des crĂ©ations de l’art biotechnologique est telle qu’elles sont souvent considĂ©rĂ©es comme formant un tout homogĂšne. Or, il y a autant de types d’art biotechnologique que d’artistes qui manient ces nouveaux outils artistiques ». La question de l’altĂ©ritĂ© entre l’homme et l’animal ou de l’auto-mĂ©tamorphose biotechnologique a Ă©tĂ© soulevĂ©e dans d’autres performances et crĂ©ations biotech’ mais Ă  chaque fois avec des esthĂ©tiques trĂšs diverses et des intentionnalitĂ©s radicalement diffĂ©rentes. Soit deux exemples – parmi tant d’autres, parce que la plupart des entreprises biotechnologiques utilisent des Ă©lĂ©ments animaux, que ce soit la culture de peau, de viande ou de cuir transgĂ©niques – qui dĂ©montrent la diversitĂ© d’un champ artistique aussi multiple que complexe. Je choisis dĂ©libĂ©rĂ©ment ici de me rĂ©fĂ©rer, comme contexte, Ă  deux performances artistiques dont l’objectif n’est pas de questionner l’animalitĂ© mais plutĂŽt le dĂ©sir de devenir-autre qui me semble non seulement fondamental mais prĂ©alable Ă  la question du devenir-animal. La performance d’AOO est en effet Ă  concevoir dans un contexte gĂ©nĂ©ral oĂč l’altĂ©ration esthĂ©tique et mĂ©dicale du corps, l’incorporation de machines ou d’organes est une rĂ©alitĂ© indĂ©niable ainsi apparaissent tous les enjeux de l’endossement par l’humain d’un autre type d’organisme. Parce que la question animale » ne se pose pas en vase clos qui ne concernerait que l’éthologie, l’anthropologie, la zoologie, la philosophie animale et les domaines spĂ©cifiques de chaque science concernant directement l’animal, mais dans un contexte gĂ©nĂ©ral de modification et de remise en question de notre ĂȘtre au monde et ainsi de notre corporĂ©itĂ©, point de dĂ©part et lieu essentiel de toute vie humaine. Souvent le dĂ©sir de devenir autre concerne la technologisation machinique du corps humain que reprĂ©sente le cyborg. La proposition la plus mĂ©diatisĂ©e de ce cas de figure est l’Extra Ear Ear on arm de Stelarc. Le projet, toujours en cours depuis 1997, est une tentative de matĂ©rialisation de la thĂ©orie du corps obsolĂšte » de Stelarc qui consiste Ă  dire que ce qui importe aujourd’hui n’est plus l’identitĂ© du corps mais sa connectivitĂ© Il est temps de se poser la question de savoir si un corps bipĂšde, avec une vision binoculaire et un cerveau de 1400 centimĂštres cubes est une forme biologique adĂ©quate. Il ne peut faire face Ă  la quantitĂ©, Ă  la complexitĂ© et Ă  la qualitĂ© des informations qu’il a accumulĂ©es il est inhibĂ© par la prĂ©cision, la vitesse et le pouvoir de la technologie, et il est biologiquement mal Ă©quipĂ© pour affronter son nouvel environnement extra-terrestre » [22]. L’artiste a ainsi fait construire puis implantĂ© dans son avant-bras gauche une oreille Ă©quipĂ©e d’un micro et d’un Ă©metteur Bluetooth. PrĂ©sentĂ©e comme un symptĂŽme d’excĂšs », cette oreille technologique et biologiquement compatible devient, aprĂšs le tĂ©lĂ©phone ou l’ordinateur, une nouvelle extension du corps, une prothĂšse du corps augmentĂ© ». Cette troisiĂšme oreille a cependant subi une infection et l’artiste a dĂ» enlever provisoirement le systĂšme de micro. Le projet continue malgrĂ© tout et la prochaine Ă©tape consisterait Ă  rĂ©aliser son organe internet pour le corps », capable d’entendre et de transmettre Ă  distance. Ici prĂ©vaut une esthĂ©tique du corps machine, d’un corps trĂšs performant dont on ne se soucie plus des Ă©motions mais uniquement des capacitĂ©s. Il ne s’agit donc plus de crĂ©er un autre corps mais de fabriquer un corps autre, un corps mĂ©ta-anthropique. En effet l’objectif, dans cette perspective de post-hominisation, est de dĂ©passer l’humanitĂ© du corps humain et ses faiblesses » – lire ses sensibilitĂ©s – de maniĂšre radicale. Une autre expression du dĂ©sir revendicatif d’altĂ©ration a Ă©tĂ© mise en place par Julia Reodica avec le projet HymNext. Il est question ici de crĂ©er des hymens bio-artificiels capables de restituer la virginitĂ© Ă  toute personne le dĂ©sirant et ceci Ă  volontĂ©. Ces hymens unisexes – c’est-Ă -dire thĂ©oriquement applicables aussi bien aux femmes qu’aux hommes – sont fabriquĂ©s Ă  partir de la culture in vitro de cellules vaginales de Julia Reodica, de cellules de rongeurs et de cellules bovines. Ils font rĂ©fĂ©rence aux conflits et connexions entre art et science, intĂ©rieur et extĂ©rieur et aux rapports entre deux individus. L’hymen est en effet un rĂ©el entre-deux » il n’est anatomiquement ni interne ni externe, il est socialement et psychologiquement le symbole par excellence du passage d’un Ă©tat Ă  un autre, moment qui jusqu’à prĂ©sent Ă©tait irrĂ©versible. Ce passage, lors du premier acte sexuel, est quoi qu’il en soit un moment affectif d’une grande importance. Le moment du passage – et dans certains cas de la transgression » – joue en effet un rĂŽle capital pour les deux personnes concernĂ©es, mais il joue trĂšs probablement aussi un rĂŽle pour leurs partenaires ultĂ©rieurs. On sait par ailleurs que dans certaines sociĂ©tĂ©s traditionnelles contemporaines si une femme n’est pas pure » au moment de son mariage cela peut avoir des consĂ©quences graves cela va de la honte qui retombe sur toute sa famille jusqu’à la mise Ă  mort de l’épouse. La solution jusqu’à prĂ©sent trouvĂ©e Ă  ce problĂšme est le recours aux trĂšs douloureux points de suture. Julia Reodica veut remettre en question ces rĂšgles traditionnelles, aussi les contourne-t-elle de maniĂšre presque ludique. Mais la question de l’hymen n’est pas uniquement considĂ©rĂ©e par l’artiste d’un point de vue social L’hymen hymNext symbolise le front uni des deux parties impliquĂ©es dans l’acte sexuel et discursif, une barriĂšre qui est brisĂ©e pour commencer une relation ou pour ouvrir un canal de communication entre deux personnes indĂ©pendamment de leurs assignations ou choix sexuels » [23]. Si l’expĂ©rience Que le cheval vive en moi ! ressemble aux deux performances citĂ©es ci-dessus au sens oĂč le corps devient un objet artistique exposĂ© et oĂč la chair intime de l’artiste se donne et nous donne Ă  vivre – par procuration – une expĂ©rience biotechnologique intense par un jeu amphibolique questionnant une corporĂ©itĂ© qui s’altĂšre, elle s’en distingue cependant, tant par les intentionnalitĂ©s Ă  l’Ɠuvre dans chaque projet que par les choix effectuĂ©s par les artistes, que ceux-ci soient philosophiques ou artistiques. Stelarc parle de son corps comme s’il Ă©tait un objet Ă  amĂ©liorer, Julia Reodica en prĂ©sente un fragment fondamental reconstituĂ© Ă  l’intĂ©rieur d’une petite boĂźte Ă  bijoux dans une vitrine comme s’il Ă©tait l’élĂ©ment d’une collection d’un cabinet de curiositĂ©s. Le duo AOO, quant Ă  lui, pour ne citer qu’une caractĂ©ristique qui diffĂ©rencie son approche des deux autres, fait venir un cheval dans la galerie et clĂŽture le processus biotech qui avait commencĂ© dans un univers de laboratoire mĂ©dical par une expĂ©rience Ă©thologique. Il est intĂ©ressant de noter ici que cette performance intĂšgre dans la reprĂ©sentation artistique l’imprĂ©visibilitĂ© de l’animal qui, mĂȘme s’il est dressĂ©, peut Ă  tout moment rĂ©agir de maniĂšre inattendue. Le public, imprĂ©visible lui aussi, est ainsi de facto confrontĂ© aux options de comportements propres Ă  l’animal qui peut potentiellement redevenir sauvage [24]. De maniĂšre Ă©vidente, l’altĂ©ration par la machine, le cyborg, ou l’auto-mĂ©tamorphose artificielle, n’est pas la mĂȘme chose que l’altĂ©ration mise en Ɠuvre dans la performance qui nous intĂ©resse ici. C’est aussi l’intentionnalitĂ© des artistes quant Ă  leurs crĂ©ations qui donne sens Ă  leur travail Si l’on reprend la terminologie du post-humain, ĂȘtre humain au-delĂ  de l’humain, c’est peut-ĂȘtre en passer par ce type d’expĂ©rience, dans laquelle l’homme devenant un hybride homme/animal est enfin extrahumain, au sens de hors-humain » [25]. Et si la proposition d’AOO Ă©tait ici d’élargir l’éventail des significations que nous attribuons Ă  la notion de post-humain, d’imaginer par consĂ©quent un ĂȘtre mĂ©ta-humain plus en accord avec son environnement, qui utiliserait ses savoirs technologiques pour se guĂ©rir et s’ouvrir Ă  l’altĂ©ritĂ© de l’autre ? De l’humain Ă  l’animal dans la crĂ©ation On disait en GrĂšce antique que certains hommes Ă©taient si proches de leurs chevaux qu’ils avaient fini par s’unir Ă  eux pour devenir un seul ĂȘtre, hybride, chimĂ©rique, double, avec un corps de cheval et un buste d’homme le centaure. À l’origine de diverses fantasmagories mĂȘlant puissance Ă©quine et domination humaine, le centaure a par la suite Ă©tĂ© dĂ©crit dans toute la mythologie grecque comme un ĂȘtre brutal, hostile Ă  l’homme et capable de tout dĂ©truire. Mais il existe un centaure diffĂ©rent des autres Chiron. Il est lui aussi un ĂȘtre hybride homme-cheval, mais contrairement Ă  ses semblables, il n’est pas fils d’Ixion et d’une nuĂ©e, il est l’enfant du titan Kronos et de la nymphe ocĂ©anide Philyra. Cet ĂȘtre – dont le pĂšre est aussi celui des dieux de l’Olympe – se distingue ainsi des autres centaures par sa sagesse divine. Il est prĂ©sent dans plusieurs mythes et les Ă©crits de diverses Ă©poques Pindare, HĂ©siode, HomĂšre, etc. et il pourrait ĂȘtre perçu comme l’exception qui confirme la rĂšgle en ce qui concerne la symbolique du centaure dans le monde grec alors que le centaure symbolise d’habitude la violence et la cruautĂ©, Chiron, lui, personnifie le lien entre la nature et la culture, il est celui qui transmet par ses enseignements la connaissance des Ă©lĂ©ments de la nature afin de dĂ©velopper la civilisation. Ses savoirs magico-thĂ©rapeutiques il connaĂźt mieux que quiconque les bienfaits des plantes, astronomiques et philosophiques sont prĂ©cieux et reconnus dans toute l’AntiquitĂ© grecque. Il habite une grotte oĂč il accueille ses Ă©lĂšves qu’il adopte comme s’ils Ă©taient ses enfants, c’est-Ă -dire qu’il leur transmet Ă  la fois savoir-faire et savoir-ĂȘtre. Parmi les plus connus on trouve Achille Ă  qui il apprend la musique et la chasse, AsclĂ©pios qui suite Ă  son enseignement devient le pĂšre de la mĂ©decine », Aristeos Ă  qui il apprend Ă  lire dans les Ă©toiles et qui devient prophĂšte, et HĂ©raclĂšs, hĂ©ros par excellence de la force alliĂ©e Ă  l’intelligence et au courage. Chiron le sage est en effet une sorte d’archĂ©type donnant sens Ă  la question de la connaissance et de la recherche, une connaissance divine qu’il ne transmet qu’à trĂšs peu de mortels ou de mi-hommes/mi-dieux mĂ©ticuleusement choisis en fonction de leurs origines. Son rĂŽle de dĂ©fenseur de la connaissance devient d’autant plus Ă©vident quand on sait qu’une fois blessĂ©, il Ă©changea son immortalitĂ© contre la libĂ©ration de PromĂ©thĂ©e. Ainsi, pour exprimer l’importance de la connaissance, de la culture, de la thĂ©rapie et de la pensĂ©e, la mythologie grecque choisit comme voie d’accĂšs le symbole qui a priori semble s’y opposer le plus l’Autre, qui est Ă  la fois mi-animal/mi-humain et, paradoxalement, mi-immortel/mi-mortel. Que le cheval vive en moi ! met aussi en Ɠuvre un paradoxe, un dĂ©passement similaire des frontiĂšres communĂ©ment admises et cette expĂ©rience pourrait ĂȘtre conçue comme une rĂ©incarnation » contemporaine du mythe de Chiron Ă  plusieurs niveaux. La question des rapports homme-animal se pose en effet dĂšs les premiers dessins dans les cavernes prĂ©historiques, elle traverse la mythologie grecque et se retrouve ensuite Ă  plusieurs moments de la crĂ©ation humaine et de l’histoire de l’art, en passant du Jardin des dĂ©lices de Bosch, aux oiseaux de Mozart et de Messiaen, du surrĂ©alisme de Dali Ă  l’arte povera et de Joseph Beuys au body art jusqu’à Damien Hirst, voire mĂȘme Jeff Koons, sans oublier la littĂ©rature et le cinĂ©ma de science-fiction. Mais il y a aujourd’hui dans cet art scientifique quelque chose d’effectivement nouveau l’hybridation trans-spĂ©cifique y est rĂ©elle, charnelle. Cette performance artistique, Ă  la confluence du bioart et du body art, est ainsi une expĂ©rience d’hybridation troublante, qui met en place une esthĂ©tique du dĂ©passement de la limite la plus extrĂȘme. Le fait que, comme l’écrit Paul RicƓur, l’identitĂ© ou l’ipsĂ©itĂ© du soi-mĂȘme implique l’altĂ©ritĂ© Ă  un degrĂ© si intime que l’une ne se laisse pas penser sans l’autre » [26] est-il ici poussĂ© Ă  l’extrĂȘme, Ă  la maniĂšre d’un jeu, ou l’intentionnalitĂ© des artistes est-elle diffĂ©rente ? S’agit-il d’un projet qui tout simplement » consiste Ă  se jouer des limites ou plutĂŽt de la maniĂšre la plus sincĂšre possible d’interroger l’altĂ©ritĂ© ? Et si – la question de l’autre animal Ă©tant l’extrĂȘme par excellence – AOO en Ă©tait arrivĂ© naturellement Ă  cette expĂ©rience aussi bordeline que possible ? ApprĂ©hender l’essence animale par l’incorporation », qu’est-ce que cela signifie au juste ? Commencer par le corps, par l’intime, l’intĂ©rieur, le plus profondĂ©ment soi pour aller vers l’autre ? Mais que signifie ressentir une autre corporĂ©itĂ© – qui de surcroĂźt est non humaine – dans son propre corps ? L’expĂ©rience ressemble-t-elle Ă  l’ incomparable perception d’une dualitĂ© d’existence dont [une femme est] intimement le siĂšge » [27] lorsqu’elle est enceinte ? Quelles sont les modifications de la conscience, du corps, de l’image corporelle rĂ©ellement ressenties par l’artiste et quelle est leur signification au-delĂ  de son expĂ©rience vĂ©cue ? En d’autres termes, comment pourrait-elle partager et transmettre ce vĂ©cu si singulier et a priori unique au monde ? Marion Laval-Jeantet explique que pendant le temps qu’elle hĂ©bergea en elle le cheval c’était l’anarchie, elle a vĂ©cu, dit-elle, Ă  la fois avec la peur et la puissance terribles de l’animal mythique. Comme une guerre entre l’Homme et la nature qui se faisait au sein de son propre corps [28]. Cette immersion de l’autre en elle prend comme point de dĂ©part les exploits de la mĂ©decine contemporaine en questionnant les possibilitĂ©s du corps humain pour aboutir Ă  l’une des dimensions essentielles du projet artistique Ă©laborĂ© par le duo depuis 1991 Ces expĂ©riences n’ont d’autre but pour moi que d’arriver Ă  une altĂ©ration de la notion de l’Autre, que de donner une rĂ©alitĂ© incarnĂ©e Ă  la fragilitĂ© de la notion de barriĂšre interspĂ©cifique » [29]. L’expĂ©rimentation est ici auto-expĂ©rimentation et autoplastique » [30]. En effet l’artiste elle-mĂȘme devient autre. L’auto-hybridation est rĂ©alisĂ©e par un passage Ă  l’acte. Toute rencontre – que ce soit avec l’amour, l’art, les idĂ©es, etc. – est une rencontre avec un autre et qu’elle soit rĂ©ussie » ou non, elle devient l’occasion d’une prise de conscience de nos propres limites et de leur flexibilitĂ© Ă©ventuelle. La particularitĂ© dans la rencontre qui nous intĂ©resse ici est que l’objectif de l’artiste consiste avant tout Ă  prendre conscience des limites de son corps biologique pour ensuite passer de la chair aux idĂ©es. Si le corps est ce qui nous fait signe de la rencontre que nous sommes en train de vivre, d’un passage d’une situation Ă  une autre – par le biais de diverses Ă©motions fĂ©licitĂ©, dĂ©goĂ»t, joie, ivresse, jouissance, douleur, etc. –, il devient alors le passage d’un mode d’ĂȘtre Ă  un autre mais aussi d’un monde ici Ă©quin Ă  un autre ici humain. Il n’est cependant pas tant question ici d’ouverture Ă  l’autre que d’enserrement de celui-ci, du moins dans un premier temps. Marion Laval-Jeantet s’auto-crĂ©e ainsi un double corporel Que se passera-t-il quand ce double de plus que je vais m’infliger sera, de surcroit, animal ? J’ai l’intime conviction que seule l’expĂ©rience corporelle peut permettre d’intĂ©grer cette notion sans entraĂźner de dissociation mentale. Tout comme la plante ingĂ©rĂ©e dans les sociĂ©tĂ©s chamaniques permet d’intĂ©grer son totem, son double tutĂ©laire » [31]. Comme s’il Ă©tait question, non pas de dĂ©passer mais de dĂ©velopper sa conception de la barriĂšre des espĂšces, d’entrer dans le sentiment animal », d’éprouver le monde Ă  travers la nature Ă©quine. D’essayer en d’autres termes de voir le monde avec un regard qui n’est plus ni spĂ©cifiquement, ni uniquement humain. S’agit-il d’une rĂ©flexion critique sur l’anthropocentrisme si dĂ©criĂ© par tous les dĂ©fenseurs de la cause animale ? Les artistes affirment que oui. Or, ce fameux point de vue anthropocentrique » est-il altĂ©rable Ă  partir du moment oĂč notre regard sera toujours un regard humain ? Et mĂȘme si ce regard est altĂ©rĂ©, augmentĂ©, modifiĂ©, mĂ©tamorphosĂ©, rendu hybride, son centre, son intentionnalitĂ©, sa source, l’Ɠil et l’esprit » seront toujours avant tout humains dans l’humanitĂ©. L’une des rĂ©ponses d’AOO Ă  cette question consiste Ă  adopter la position radicale et audacieuse qui consiste Ă  se faire cobayes humains comme les animaux de laboratoire [32]. Sauf que les animaux de laboratoire ou les animaux plastinĂ©s par Damien Hirst, eux, n’avaient pas le choix
 Cette extension de la connaissance et de l’expĂ©rience du monde, ce passage de l’impossible au possible que reprĂ©sente la performance d’AOO – et parce que Marion Laval-Jeantet s’instrumentalise elle-mĂȘme au profit de l’animal – critique malgrĂ© tout, chemin faisant, toutes les approches de l’animal de laboratoire, de l’animal de consommation, de la culture de tissu censĂ©e remplacer la viande d’élevage mais qui nĂ©cessite toujours de tuer les animaux [33] et aussi toutes les autres approches qui reviennent systĂ©matiquement Ă  prĂ©senter une conception instrumentalisĂ©e de l’animal au profit d’une humanitĂ© dĂ©pensiĂšre de chair vivante » [34]. Il est des choses que l’art seul peut dire, montrer ou proposer, peut-il pour autant les transmettre ? L’art existe pour Ă©largir les limites de la conscience », les artistes d’AOO partent de ce postulat pour expĂ©rimenter la pensĂ©e par le corps ou par la peau. Ils utilisent par consĂ©quent des modes de communication non verbale et des symboles forts afin d’enrichir leur ĂȘtre au monde en dĂ©passant les limites gĂ©nĂ©ralement admises pour les rapports intersubjectifs. Ils tentent ainsi Ă  travers leurs expĂ©riences de comprendre l’Autre cet Autre peut aussi bien ĂȘtre la mort ou l’invisible, la peur ou l’animal. En rĂ©alitĂ© il s’agit de sortir des enveloppes charnelles humaines pour s’ouvrir Ă  l’inconnu, qui parfois n’est pas si Ă©tranger qu’il y paraĂźt. L’univers que crĂ©e la performance Que le cheval vive en moi ! par le biais d’un mĂ©lange crĂ©atif de l’un Ă  l’autre qui fonctionne » – puisque finalement les Ă©lĂ©ments du sang Ă©quin sont acceptĂ©s par le corps humain sans provoquer de choc anaphylactique – est celui de l’incorporation. Il est impossible ici de ne pas faire de transfert [35], de ne pas se mettre Ă  la place de Marion Laval-Jeantet – ou de cancĂ©reux en phase terminale qui, dans le cadre de recherches et n’ayant plus grand chose Ă  perdre, ont recours Ă  des transfusions de sang animal dans l’espoir d’amĂ©liorer leur systĂšme immunitaire. Il est aussi impossible, pour qui a pris conscience de cette possibilitĂ© d’hybridation, de ne pas rĂ©interroger son propre rapport – biologique, corporel et Ă©motionnel – Ă  l’animal. Cette expĂ©rience n’a en effet rien Ă  voir avec le dĂ©sir de voler comme un oiseau ou le rĂȘve du plongeur de devenir poisson, dauphin ou sirĂšne. La question de savoir quelle est la frontiĂšre rĂ©elle entre les espĂšces – ou plutĂŽt quels sont les diffĂ©rents niveaux de ces frontiĂšres finalement multiples et irrĂ©ductibles Ă  une » seule barriĂšre » interspĂ©cifique – devient ainsi inĂ©vitable. Il ne s’agit Ă©videmment pas d’oublier les barriĂšres interspĂ©cifiques – un chat ne peut engendrer une souris –, mais plutĂŽt de les reconsidĂ©rer en ayant Ă  l’esprit un questionnement sur l’autonomie et l’interdĂ©pendance des ĂȘtres vivants. Parce que si l’identitĂ© du gĂ©nome et l’adaptabilitĂ© biologique ne signifient pas que nous soyons tous identiques ou Ă©gaux, elle suffit pourtant Ă  remettre en question le degrĂ© de parentĂ© entre les espĂšces et Ă  provoquer l’angoisse existentielle que suscitent les possibilitĂ©s de cette parentĂ© dĂ©couverte par les sciences. AOO rĂ©alise ainsi une fois de plus une Ɠuvre active », puisque l’objectif est d’éveiller la conscience de ceux qui dĂ©couvrent son travail, de responsabiliser par l’expĂ©rience esthĂ©tique, de crĂ©er des alarmes artistiques sur nos modes de vie. La rĂ©alisation effective de ce projet de transfusion sanguine – l’existence immanente de Marion Laval-Jeantet devenue hybride – ne peut de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale que nous pousser Ă  une rĂ©elle remise en question face au dĂ©ploiement des possibles de notre corps, mais aussi Ă  une prise de conscience du rapport entre notre perception de la corporĂ©itĂ© et notre conception du monde. Or, le plus curieux dans ce processus est notre capacitĂ© Ă  fantasmer sur les pulsions Ă©quines que l’artiste a ressenties, comme si finalement le mĂ©rite » de la rĂ©alisation effective du projet Ă©tait d’avoir recréé un symbole. Il y a ainsi un lien d’empathie impossible Ă  nier qui se crĂ©e entre nous et les artistes, nous et l’animal. Cette expĂ©rience modifie-t-elle notre vision de l’art ? Est-elle, justement par sa sincĂ©ritĂ©, son jeu et son audace, de l’art avec un grand A ? Ce qui ici fait Ɠuvre est l’articulation du concret visible et mĂ©dical le dispositif, la galerie, la mise en scĂšne de la performance Ă  la maniĂšre d’une cĂ©rĂ©monie scientifique avec l’imaginaire le plus fantasmagorique [36], c’est l’ouverture inĂ©vitable aux questionnements radicaux que suscite cette performance, c’est l’égarement philosophique que crĂ©e la rĂ©alisation de l’inimaginable, un dĂ©ploiement des possibles alarmant qui rappelle en mĂȘme temps ce que disait Herbert Marcuse Ă  propos de l’art, Ă  savoir, qu’il ne survit que lĂ  oĂč il se nie, lĂ  oĂč il sauve sa substance en niant sa forme traditionnelle et par lĂ  en niant la rĂ©conciliation ; lĂ  oĂč il devient surrĂ©aliste et atonal » [37]. Penser l’animal dans une rencontre incarnĂ©e Dans un premier temps, il y a le mouvement dialectique propre Ă  la performance Le commencement est Ă  la fin et la fin au commencement » [38]. Il s’agit en effet d’un travail sur le devenir devenir autre, devenir mutant, devenir animal, ou devenir monstre. On pourrait Ă©voquer ici la thĂ©orie des devenirs dĂ©veloppĂ©e par Gilles Deleuze et FĂ©lix Guattari devenir-animal », devenir-minoritaire », devenir-molĂ©culaire », etc. [39]. Dans son Ă©vocation des possibilitĂ©s technologiques Que le cheval vive en moi ! conjoint ainsi une approche Ă  la fois extrĂȘmement rĂ©aliste et purement fantastique oĂč le MĂȘme peut ĂȘtre concernĂ© par l’Autre sans que l’Autre s’assimile au MĂȘme » [40]. Puisqu’en effet le cheval n’est pas devenu plus humain aprĂšs cette expĂ©rience. Le troisiĂšme autre » – le rĂ©sultat de la crĂ©ation, de l’hybridation, c’est-Ă -dire Marion Laval-Jeantet devenue centaure – n’est pas forcĂ©ment assimilable au MĂȘme ou Ă  l’Autre, mais les porte tous deux toujours en soi. ainsi les rĂ©alitĂ©s se renvoient-elles les unes aux autres et elles se complĂštent. Il s’agit en somme de la proposition d’un mĂ©ta-soma anthropomorphe ou zoomorphe Ă  partir de l’hybridation des sangs humain et animal qui met en Ɠuvre des dispositifs biotechnologiques extrĂȘmement complexes. Autrement dit, l’objectif n’est pas ici d’imiter ou de dĂ©passer la nature mais plutĂŽt de la prolonger. Les modifications et les mĂ©tamorphoses corporelles – rituelles, thĂ©rapeutiques, dĂ©coratives ou expĂ©rimentales – ne sont pas rĂ©centes. Il faut en effet les concevoir dans la continuitĂ© des techniques du corps, qu’elles soient traditionnelles ou modernes – mĂ©dicales, symboliques, esthĂ©tiques, ou autres tatouages, piercings, lĂšvres Ă  plateaux, cous Ă©tirĂ©s, crĂąnes allongĂ©s, cultes des petits pieds, incrustations, incisions, circoncisions, excisions, clitoridectomies, teintures, arrachage ou limage des dents, etc. [41]. Cette performance d’AOO provoque de toute Ă©vidence la rĂ©flexion parce que les artistes jouent – par le truchement d’une pratique transgressive, provocatrice et surprenante – un rĂŽle de passeurs entre le grand public, les laboratoires scientifiques et les lieux de la haute » culture de l’art contemporain. On comprend mieux maintenant pourquoi Marion Laval-Jeantet et BenoĂźt Mangin, plutĂŽt que de choquer en jouant sur la provocation, ont prĂ©fĂ©rĂ© poser le plus complĂštement et le plus sincĂšrement possible la question de l’altĂ©ritĂ© et de l’altĂ©ration, celle du dĂ©ploiement des possibles de la corporĂ©itĂ© contemporaine. Cette performance d’auto-mĂ©tamorphose, de dĂ©doublement corporel, apparaĂźt Ă  la fois comme un rite de passage cathartique et comme une proposition pour de nouvelles formes de vie. Par le biais de cette rĂ©alisation les artistes font-ils advenir un autre monde possible ? Ils Ă©voquent en tous cas des modes de devenir autre Ă  partir desquels surgissent de nouveaux modes d’ĂȘtre. En mettant ainsi en place une expĂ©rience esthĂ©tique originale du corps en devenir on peut estimer que les artistes ont contribuĂ© Ă  l’invention d’une nouvelle corporĂ©itĂ© [42] qui signe le passage des esthĂ©tiques aux poĂŻĂ©tiques du corps puisque cette expĂ©rience dĂ©voile des horizons insoupçonnĂ©s du corps nos limites sont moins Ă©tanches que nous le croyons. Il s’agit alors d’un art qui ne tĂ©moigne pas de ce qui a Ă©tĂ© mais qui Ă©largit l’horizon de ce qui pourrait advenir. Or, mĂȘme si cette expĂ©rience d’AOO est une preuve supplĂ©mentaire de la capacitĂ© de l’art de crĂ©er des liens entre univers a priori Ă©trangers, le cheval n’en est pas devenu plus humain pour autant. Autrement dit, si les artistes avaient pu se procurer du sang de panda et si ce sang avait Ă©tĂ© aussi adaptable Ă  la nature humaine que celui du cheval, cette performance aurait-elle contribuĂ© Ă  la survie du panda en voie de disparition ? N’est-ce pas par consĂ©quent une vision anthropocentrique que de vouloir endosser la nature animale ? Et surtout, pourrait-il de quelque maniĂšre que ce soit en ĂȘtre autrement Ă©tant donnĂ© que l’incorporation de l’animal reste, malgrĂ© tout, humaine ? Concernant la confrontation de cette expĂ©rience artistique avec la thĂ©orie de Deleuze et Guattari sur le devenir animal, on peut noter quelques points importants qui justifient l’expression que j’utilise de devenir animal partiel. Il y a en effet Ă  la fois des congruences rares entre les deux dĂ©marches et des divergences importantes - Nous ne sommes pas au mĂȘme niveau. En effet, le devenir animal deleuzien est finalement bien moins biologique que ne l’est l’expĂ©rience que rĂ©alise AOO. - Il n’est pas question du mĂȘme type de contrat » interspĂ©cifique. Les auteurs de Mille plateaux se rĂ©fĂšrent en effet Ă  l’instauration d’un pacte, d’une alliance La guĂȘpe devient partie de l’appareil de reproduction de l’orchidĂ©e, [comme] l’orchidĂ©e devient organe sexuel pour la guĂȘpe. [Il y est donc question d’un] seul et mĂȘme devenir, un seul bloc de devenir » [43]. Or, dans la performance qui nous intĂ©resse ici il n’est pas question de devenir-animal dans une rĂ©ciprocitĂ© quelle qu’elle soit. C’est l’artiste qui est dĂ©bordĂ©e par la nature Ă©quine de maniĂšre rhizomatique, comme l’herbe dĂ©borde », il n’y a pas d’échange entre deux, trois ou dix entitĂ©s mais un glissement de l’ĂȘtre du cheval dans l’ĂȘtre de l’artiste. Cette expĂ©rience n’est pas une dialectique entre le devenir animal de l’homme et le devenir humain de l’animal mais un chemin, une ligne de fuite, vers le re-devenir-animal de l’humain. - Deleuze et Guattari expliquent qu’il est question d’une circulation d’affects impersonnels, [
] une irrĂ©sistible dĂ©territorialisation » [44]. Or, il n’y a que l’artiste qui pourrait nous dire si, lors de l’expĂ©rience Ă©thologique qui a suivi la transfusion sanguine, elle a ressenti, en raison de celle-ci, une rĂ©ciprocitĂ© particuliĂšre avec le cheval. L’artiste a expliquĂ© que ce qui a eu lieu n’était pas une modification de sa perception du cheval mais de la perception de soi comme animal » [45]. Ce qui de maniĂšre Ă©trange est Ă©galement valable pour celui qui prend connaissance de cette expĂ©rience le dĂ©ploiement des possibles nous dĂ©territorialise, qu’on le veuille ou non. Il ne s’agit donc pas de penser cette expĂ©rience uniquement dans le cadre du devenir-animal qui en effet est ici partiel – ce qui est dĂ©jĂ  assez impressionnant –, mais plutĂŽt dans la perspective d’un devenir autre rhizomatique – qui Ă  la fois contient des Ă©lĂ©ments du concept et l’enrichit en y apportant des Ă©lĂ©ments nouveaux. Reste Ă  savoir quel est l’impact de l’incarnation de l’animal sur la pensĂ©e. L’artiste donne une premiĂšre rĂ©ponse Ă  cette question par l’exemple de la modification de notre Ă©tat mental que suscite une simple grippe Les scientifiques savent que le corps vous agit aussi comme pensĂ©e »[46]. De facto le corps est l’une des figures par excellence de l’inattendu, il fait – constamment – rhizome par lui mĂȘme, il part dans tous les sens » ; la dĂ©marche de recherche qui tente de penser cette expĂ©rience ne peut donc pas se contenter de discours mais doit essayer d’adopter le mĂȘme mouvement rhizomatique. C’est en ce sens que cette performance est une exploration, une mise en perspective de l’infinitĂ© des possibles de la question animale, parce qu’en engageant une situation nouvelle, elle nous propose, quoi qu’il en soit, un devenir animal partiel possible. Une incorporation du sens » qui donne Ă  penser une pensĂ©e par le corps. Il est possible que la vision de l’artiste soit juste, que nous ne nous soucierons rĂ©ellement du sort de l’Autre que dans la mesure oĂč nous en aurons besoin pour survivre, notamment parce que le vĂ©ritable fait fondamental, dans l’ordre de l’esprit comme dans l’ordre de la vie, c’est le fait de “durer” » [47]
 Peut-ĂȘtre que la preuve charnelle et immanente de cette possibilitĂ© peut dĂ©jĂ  nous inciter Ă  commencer Ă  le penser autrement
 Doctorante en EsthĂ©tique et Sciences de l’art Ă  l’UniversitĂ© Paris I – PanthĂ©on-Sorbonne Institut ACTE UMR 8218 – Æsthetica Projet de thĂšse soutenu par le Fonds National de la Recherche, Luxembourg PrĂ©tentaine, n° 27/28 Quel Penser ? Arguments, inventions, transgressions », sous la direction de Sofia Eliza Bouratsis, printemps 2011. PrĂ©sence de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch. Le charme et l’occasion. Textes et entretiens, Paris, Beauchesne, PrĂ©tentaine », sous la direction de Françoise Schwab, avec la collaboration de Sofia Eliza Bouratsis et Jean-Marie Brohm, novembre 2010. PrĂ©tentaine, n° 25/26, Modes de penser. Actes, formes, objets », sous la direction de Sofia Eliza Bouratsis, juin 2009. - Auto-mĂ©tamorphoses. Biotechnologies et fictions scientifiques dans l’art contemporain », Cahiers de recherche sociologique UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al, n° 50, L’art posthumain. L’identitĂ© humaine en dĂ©bat », sous la direction de Magali Uhl, printemps 2011. - Un prologue qui se prolonge
 », PrĂ©tentaine, n° 27/28 Quel Penser ? Arguments, inventions, transgressions », printemps 2011. - Spinoza en dĂ©bat », avec Jean-Marie Brohm, PrĂ©tentaine, n° 27/28 Quel Penser ? Arguments, inventions, transgressions », printemps 2011. - Quelles idĂ©ologies du corps dans le bioart ? Transgressions et hybridations », PrĂ©tentaine, n° 27/28 Quel Penser ? Arguments, inventions, transgressions », sous la direction de Sofia Eliza Bouratsis, printemps 2011. - PrĂ©sence de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch », en collaboration avec Jean-Marie Brohm et Françoise Schwab, PrĂ©sence de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch. Le charme et l’occasion. Textes et entretiens, Paris, Beauchesne, PrĂ©tentaine », sous la direction de Françoise Schwab, avec la collaboration de Sofia Eliza Bouratsis et Jean-Marie Brohm, novembre 2010. - Entretien avec Edgar Morin, Chemins dans la noosphĂšre » en coll. avec Jean-Marie Brohm, PrĂ©tentaine, n° 25/26 Modes de penser. Actes, formes, objets », juin 2009. - La photographie est-elle un mode de penser ? Images du temps et de l’espace », PrĂ©tentaine, n° 25/26, Modes de penser. Actes, formes, objets », , juin 2009. - Un OVNI dans ma vie » sur Second Life, l’ objet virtuel non identifiĂ© », Mortibus n° 7/8, Gagner sa vie a-t-il un sens ? », automne 2008. Articles sur l’art/Catalogues/expositions - Pourquoi rien ? PlutĂŽt que tout
Art, environnement et responsabilitĂ© morale », Catalogue monographique du duo artistique Art OrientĂ© objet, Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, CQFD Éditions, Montreuil, automne 2012. - PlutĂŽt que tout Art OrientĂ© objet » prĂ©sentation du projet et entretien avec les artistes, Catalogue de l’exposition PlutĂŽt que rien, Centre d’art de la Maison Populaire de Montreuil, 2012. - Distant Voices », Texte de prĂ©sentation de l’exposition de l’artiste Su-Mei Tse Ă  la galerie Tschudi Ă  Zuoz, en Suisse 22/12/2011-10/03/2012. - Une seule couleur vous manque et le monde est dĂ©peuplĂ© ? », Texte accompagnant la piĂšce Tout sauf Rouge de Su-Mei Tse 2009 pour l’exposition ci-dessus citĂ©e. [1] Michel Henry, PhĂ©nomĂ©nologie de la vie », PrĂ©tentaine, n° 14/15, Le Vivant », dĂ©cembre 2001, pp. 11-25. [2] Vance Packard, L’Homme remodelĂ©, Paris, Calmann-LĂ©vy, 1978 ; Paul Ardenne, L’Image corps. Figures de l’humain dans l’art du XX° siĂšcle, Paris, Éditions du regard, 2001 ; Henri Atlan, L’UtĂ©rus artificiel, Paris, Éditions du Seuil, 2005 ; Denis Baron, La Chair mutante. Fabrique d’un posthumain, Paris, Éditions dis voir, 2008 ; Jean Baudrillard, L’Échange impossible, Paris, GalilĂ©e, 1999 ; Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Paris, Hachette, LittĂ©ratures Haute Tension », 2009 ; Bernard Edelman, Ni Chose ni personne. Le corps humain en question, Paris, Hermann Ă©diteurs, Philosophie », 2009 ; JĂ©rĂŽme Goffette, Naissance de l’anthropotechnie, Paris, Vrin, 2006 ; JĂŒrgen Habermas, L’Avenir de la nature humaine. Vers un eugĂ©nisme libĂ©ral ?, Paris, Gallimard, Nrf essais », 2002 ; Donna Haraway, Simians, Cyborgs and Women. The Reinvention of Nature, New York, Routledge, 1991 ; MichaĂ«l Hayat, Arts assistĂ©s par machine et art contemporain. Vers une nouvelle philosophie de l’art, Paris, L’Harmattan, 2002; Thierry Hoquet dir., Mutants », Critique, Tome LXII – n° 709-710, juin-juillet 2206 ; Marc Jimenez dir., La CrĂ©ation artistique face aux nouvelles technologies, Paris, Klincksiek, l’UniversitĂ© des arts », 2006 ; CĂ©line Lafontaine, La SociĂ©tĂ© postmortelle. La Mort, l’individu et le lien social Ă  l’ùre des technosciences, Paris, Éditions du Seuil, 2008 ; Dominique Lecourt, Humain, post-humain. La technique et la vie, Paris, PUF, 2003 ; Louise Poissant et Ernestine Daubner dir., Art et biotechnologies, QuĂ©bec, PUQ, 2005 ; Susan RĂ©mi, Les Utopies posthumaines. Contre-culture, cyberculture, culture du chaos, Sophia-Antipolis, Omniscience, 2005. [3] Tout un chapitre assez dĂ©taillĂ© est consacrĂ© Ă  cette performance dans le catalogue monographique du duo AOO, Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, CQFD, 2012, pp. 240-269. [4] Endosser [
] 1-Mettre sur son dos – revĂȘtir [
] ; 2-Prendre ou accepter la responsabilitĂ© de –assumer, se charger de », Le Petit Robert, 2011. [5] Voir sur ces questions Anne Jeanblanc, dossier spĂ©cial L’homme autorĂ©parable », Le Point, n° 883, aoĂ»t 1989 ; Atta Oloumi et Cristiane Holzey, dossier spĂ©cial RĂ©volution mĂ©dicale L’homme bionique arrive ! », Science et Vie, n° 927, dĂ©cembre 1994 ; Le Monde, Hors-sĂ©rie L’Évolution. Quelle histoire ! », avril-mai 2009. [6] Jean-Yves Nau, La naissance annoncĂ©e des premiers clones humains », Le Monde, 25 mai 2002. [7] Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., p. 268. [8] Marion Laval-Jeantet, De l’incorporation du sens », Cahiers de recherche sociologique UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al, n° 50, L’art posthumain. L’identitĂ© humaine en dĂ©bat », sous la direction de Magali Uhl, printemps 2011, p. 27. [9] Sur les liens avec les animaux, on pourrait citer presque tout le travail d’AOO, mais par rapport Ă  l’expĂ©rience qui nous intĂ©resse ici voir notamment les Ɠuvres dĂ©crites dans les catalogues monographiques du duo Roadkill Coat avec un texte d’AOO, in Laval-Jeantet & Mangin, Art OrientĂ© objet 1991-2002, op. cit., pp. 160-163 ; Le voyage en Iboga avec un texte d’AOO, in Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., pp. 34-49 ; et La Mazzera le lien, ça pĂšse trois tonnes, Habiter, l’extrĂȘme, ĂȘtre habitĂ© par l’extrĂȘme » avec un texte de StĂ©phane Dumas, ibid., pp. 183-188. [10] Si la plupart des Ă©lĂ©ments Ă©quins ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s par l’organisme de l’artiste, il reste tout de mĂȘme des marqueurs allergiques qui peuvent s’exprimer Ă  tout moment. [11] Marion Laval-Jeantet, Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., pp. 263-264. [12] Marion Laval-Jeantet, De l’incorporation du sens », op. cit., p. 28. [13]Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., p. 267. [14] Georges Bataille, L’ExpĂ©rience intĂ©rieure, Paris, Gallimard, Tel », 2004, p. 77. [15] Jean-Marie Brohm, Anthropologie de l’étrange. Énigmes, mystĂšres, rĂ©alitĂ©s insolites, Cabris, Sulliver, Essai », 2010, pp. 119-166. [16] Voir, entre autres, le laboratoire de recherche scientifico-artistique SymbioticA créé Ă  l’UniversitĂ© de Perth en Australie par Oron Catts et Ionat Zurr, The Tissue Culture&Art project TC&A. [17] Jens Hauser, GĂšnes, gĂ©nies, gĂȘnes », L’Art biotech’, TrĂ©zĂ©lan, Filigranes Éditions, 2003, p. 9. [18] Du point de vue de l’esthĂ©tique » nĂ©cessiterait un dĂ©veloppement en soi qui n’est pas l’objet de cet article. Je me permets seulement de souligner qu’il y a expĂ©rience esthĂ©tique – expĂ©rience des sens – dans les Ɠuvres d’AOO, c’est-Ă -dire qu’il y a toujours quelque chose Ă  voir, qu’il y a des rĂ©fĂ©rences Ă  l’histoire de l’art et, surtout, qu’il y a poĂ©sie. [19] Marion Laval-Jeantet, Des artistes immergĂ©s dans des terrains menacĂ©s/menaçants », Veilleurs du monde 2. Art et environnement, Montreuil-Sous-Bois, Éditions CQFD et Centre Culturel Français Blaise-Cendars, 2009. [20] Voir Le voyage en Iboga, 2002-2003, in Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., pp. 34-51 ; voir aussi TombĂ©e dans le Disulba ou le Lit des Visions 2012-2013, créé et montrĂ© dans le cadre de l’exposition Sous influences, arts plastiques et psychotropes, qui a eu lieu Ă  la Maison Rouge Ă  Paris du 15 fĂ©vrier au 19 mai 2013 commissaire de l’exposition Antoine PerpĂšre. [21] PlutĂŽt que tout », entretien avec Art OrientĂ© objet propos recueillis par Sofia Eliza Bouratsis, PlutĂŽt que rien, Montreuil, Centre d’art de la Maison Populaire de Montreuil, 2011, p. 113. [22] Citation tirĂ©e du texte Obsolete body » qui figurait sur le site personnel officiel de Stelarc et qui au moment de l’écriture de ce texte n’y est plus. [23] Julia Reodica, Feel Me, Touch Me the hymNext Project », in sk-interfaces, Exploding Borders – Creating membranes in art, technology and society sous la direction de Jens Hauser, Liverpool, Liverpool University Press, 2008, p. 73. Il s’agit de ma propre traduction de l’anglais. [24] Cette dimension fondamentale de l’intĂ©gration de l’animal vivant dans la performance artistique est mise en Ă©vidence dans l’excellent numĂ©ro AnimalitĂ©s » de la revue Inter. Art Actuel, n° 113, hiver-printemps 2013, notamment dans l’article d’Helge Meyer, Les animaux dans la performance », pp. 6-11. [25] Marion Laval-Jeantet, De l’incorporation du sens », op. cit., p. 29. [26] Paul RicƓur, Soi-mĂȘme comme un autre, Paris, Éditions du Seuil, Points essais », 1990, p. 14. [27] Voir EdmĂ©e Mottini-Coulon, Essai d’ontologie spĂ©cifiquement fĂ©minine, Paris, Vrin, 1978, qui conclut que le rapport Ă  autrui fĂ©minin est spĂ©cifique parce que son ĂȘtre est, ontologiquement, ĂȘtre-pour autrui » p. 26. L’auteure part de l’expĂ©rience privilĂ©giĂ©e de la maternitĂ© Ă©prouvĂ©e dans sa premiĂšre manifestation perçue, celle du fƓtus “qui bouge” » p. 51. Elle analyse l’expĂ©rience fĂ©minine d’autrui en s’appuyant sur la conscience du cogito qui s’élargit du fait de l’édification d’un ĂȘtre » au plus profond de soi J’éprouve autrui “avec” moi et moi-mĂȘme tout Ă  la fois, dans une certitude vĂ©cue, puissante, symbiotique et peut-ĂȘtre sympsychique, Ă  supposer la pensĂ©e de l’embryon dĂ©jĂ  rĂ©elle bien qu’inconsciente, Ă©videmment. Cette expĂ©rience d’intĂ©rioritĂ© Ă©largissante m’apporte autrui, c’est-Ă -dire mon semblable et mon autre et mon diffĂ©rent, de l’intĂ©rieur de moi-mĂȘme » p. 59. [28] Communication de l’artiste. [29] Marion Laval-Jeantet, De l’incorporation du sens », op. cit., p. 23. [30] Bruno Bettelheim, Les Blessures symboliques. Essai d’interprĂ©tation des rites d’initiation, Paris, Gallimard, Tel », 1977, p. 55. [31] Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., p. 261. [32] Voir notamment le projet Culture de peaux d’artistes rĂ©alisĂ© par AOO en 1996 aux États-Unis. Ce projet met en Ă©vidence l’éthique des artistes qui consiste Ă  ne se manipuler qu’eux-mĂȘmes ». Pour ce faire ils ont intĂ©grĂ© comme cobayes, par le biais d’un groupe antivivisection, un laboratoire de biotechnologie de pointe et ont ainsi rĂ©alisĂ© la culture de leurs propres peaux comme objets d’art opĂ©ratoires ». Lire Ă  ce sujet le texte de Marion Laval-Jeantet, Les Cultures de peaux d’artistes d’Art OrientĂ© objet », in L’Art biotech’, op. cit., pp. 56-62. [33] Il est dĂ©sormais connu que pour toute culture biotechnologique, de peau ou de viande, il est nĂ©cessaire d’utiliser du sĂ©rum de veau fƓtal, qui doit impĂ©rativement ĂȘtre prĂ©levĂ© sur les vaches qui sont en gestation au moment de l’abattage. Cruelle pratique dont fait Ă©tat Élisabeth Abergel dans son article Animal in vitro ou la vie sans la mort » dans le prĂ©sent numĂ©ro de PrĂ©tentaine. [34] Art OrientĂ© Objet 2001-2011. Laval-Jeantet & Mangin, op. cit., p. 248. [35] Georges Devereux, De l’angoisse Ă  la mĂ©thode dans les sciences du comportement, Paris, Flammarion, 1980. [36] Voir les travaux de Louis-Vincent Thomas, en particulier Fantasmes au quotidien, Paris, Librairie des MĂ©ridiens, 1984 ; Anthropologie des obsessions, Paris, L’Harmattan, 1988, notamment le chapitre 3 L’animal et nos peurs ». [37] Herbert Marcuse, Éros et civilisation, Paris, Les Éditions de Minuit, Arguments », 1963, p. 132. [38] Jean-Marie Brohm, Les Principes de la dialectique, Paris, Les Éditions de la Passion, 2003, p. 18. [39] Voir Gilles Deleuze et FĂ©lix Guattari, Mille plateaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1980. [40] Emmanuel Levinas, De Dieu qui vient Ă  l’idĂ©e, Paris, Vrin, 1992, p. 32. [41] Voir Victoria Ebin, Corps dĂ©corĂ©s, Paris, ChĂȘne, 1979 ; Boris de Rachewiltz, Éros noir. MƓurs sexuelles de l’Afrique de la prĂ©histoire Ă  nos jours, Paris, Terrain Vague, 1993. [42] Chaque pĂ©riode historique invente ses formes corporelles, aussi bien dans le domaine artistique que dans l’ordre des reprĂ©sentations sociales, religieuses, politiques, etc. Voir Nadeije Laneyrie-Dagen, L’Invention du corps. La reprĂ©sentation de l’homme du Moyen Âge Ă  la fin du XIX° siĂšcle, Paris, Flammarion, Histoire », 2006. [43] Gilles Deleuze et Claire Parnet, Dialogues, Paris, Flammarion, Champs », 1996, p. 9. [44] Gilles Deleuze et FĂ©lix Guattari, Mille plateaux, op. cit., p. 285. [45] Intervention de l’artiste lors de la journĂ©e L’humain dĂ©bordĂ©. Incorporations » qui a eu lieu Ă  Paris au Palais de Tokyo le 17 juin 2013 [47] Vladimir JankĂ©lĂ©vitch, Henri Bergson, Paris, PUF, Quadrige-Grands textes », 2011, p. 7. L'Ă©quitation est une discipline qui est devenue un sport au dĂ©but du XXe siĂšcle en Europe. Elle consiste Ă  monter et diriger des chevaux pour le loisir ou en compĂ©titions. Mais avant de monter un cheval, il faut s'occuper de lui, le brosser et le prĂ©parer ! Il faut s'y connaĂźtre un peu pour savoir Ă  quoi servent tous les Ă©lĂ©ments et dans quel ordre les dĂ©veloppe la souplesse, l'endurance et les muscles. C'est un sport complet que l'on peut dĂ©buter dĂšs l'Ăąge de 3 ans. En club, on apprend bien sĂ»r Ă  monter Ă  cheval, d'abord au pas, puis au trot et au galop. Les exercices d'Ă©quitation ont lieu dans un manĂšge intĂ©rieur ou extĂ©rieur et comporte parfois des obstacles. Mais l'enfant apprend aussi Ă  s'occuper de son existe une vingtaine de disciplines comme par exemple la voltige, le dressage et des sports collectifs, comme le un chevalLe "pansage" est la toilette que le cavalier doit faire Ă  son cheval pour entretenir la propretĂ© du poil et des sabots. Pour cela, il est indispensable d'utiliser quelques instruments Cure pieds instrument servant Ă  nettoyer les sabotsBouchon brosse dure servant Ă  enlever la poussiĂšre sur presque tout le instrument servant Ă  dĂ©coller la boue, la poussiĂšre ou la sueur du chevalPour brosser un cheval, il faut faire de larges mouvements circulaires sur le cheval Ă  l'aide de l'Ă©trille toujours dans le sens du poil, puis passer le bouchon afin d'enlever ce qui a Ă©tĂ© dĂ©collĂ© par l'Ă©trille. A l'aide du cure pieds, il faut ensuite enlever les cailloux et la boue des du chevalÉquiper un cheval, ce n'est pas si Ă©vident lorsqu'on n'est pas habituĂ©. Pas de panique, Momes vous explique tout ! Le mors sert Ă  freiner et Ă  diriger le cheval. Il passe Ă  un endroit oĂč il n'y a pas de dent. Filet se glisse sur la tĂȘte du cheval et permet de le contrĂŽler et de l'orienter. Il est souvent dotĂ© d'un mors et d'une muserolle française. Etriers Anneau de fer de chaque cĂŽtĂ© de la selle d'un cheval servant Ă  soutenir les pieds du cavalier Selle se pose sur le dos du cheval pour s'asseoir dessus Tapis de selle pour protĂ©ger le dos du cheval des frottements de la selle RĂȘnes laniĂšre fixĂ©e au mors d'un cheval et servant Ă  le guider. GuĂȘtres Morceau de tissu, de cuir ou d'autre matiĂšre servant Ă  couvrir le bas de la jambe Licol lien que l'on met autour du cou d'un cheval pour l'attacherPosez doucement le tapis sur le dos du cheval en veillant Ă  ce qu’il recouvre bien son garrotPlacez ensuite dessus la selle de l’avant vers l’ le cheval une fois sans trop serrer, puis une deuxiĂšme fois en serrant un peu fois sur la selle, rĂ©glez vos Ă©triers. Pensez pour ce faire Ă  votre sĂ©curitĂ© et au confort du cheval. Avant d’introduire vos pieds, la longueur idĂ©ale est celle oĂč l’étrier rejoint votre cheville.Assurez-vous Ă©galement que le mors ne gĂȘne pas trop la bouche de l’animal, et veillez Ă  bien fixer vos du cavalierMonter Ă  cheval, c'est agrĂ©able mais gare Ă  la boue, aux branches et aux chutes ! Pour Ă©viter les bobos et ĂȘtre le plus Ă  l'aise possible, un Ă©quipement adaptĂ© est indispensable. En voici un aperçu Les alluresLe pas c'est la plus lente des allures, en 4 temps. Le cheval a toujours au moins un sabot au sol. La tĂȘte monte et descend lĂ©gĂšrement. Le trot est une allure cadencĂ©e et rythmique Ă  2 temps. Le Galop est l'allure la plus rapide Ă  4 tempsLes niveaux en Ă©quitationDu galop 1 au galop 9, le parcours d'un cavalier est fait d'Ă©tapes et d'obstacles Ă  franchir. Efforts, patience et amour des chevaux sont les maĂźtres mots pour passer tous ses chaque Ă©tape, la cavalier doit prouver ses capacitĂ©s et rĂ©ussir un examen de plus en plus difficile maĂźtriser les trois allures sur des terrains variĂ©s en maintenant sa vitesse, franchir des obstacles, s'occuper correctement de sa monture et avoir des connaissances thĂ©oriques partir du galop 8, la cavalier peut prĂ©parer ses premiers concours. Le Galop 9 est l'examen final. Il reprend l’ensemble des connaissances et compĂ©tences, et certifie que le cavalier maĂźtrise tous les aspects de l’équitation aprĂšs ?Si l'Ă©quitation devient une vraie passion, sachez qu'il existe de nombreuses professions liĂ©es au cheval. Le choix est vaste palefrenier-soigneur, moniteur, jockey, garde Ă  cheval, cocher, artiste de cirque ou encore cascadeur !

objet que l on franchit Ă  cheval